Le jardin de la Louve à Bonnieux
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Jardin contemporain, labellisé Jardin Remarquable
« C’est la guerre qui m’a amenée à être créatrice » dit Nicole de Vésian, « quand on manque de tout, il faut inventer ». Créatrice, elle l’aura été toute sa vie : tour à tour publiciste puis styliste indépendante (créations de collections de tissu, de flacons de parfum…), décoratrice d’intérieur pour des artistes renommés, une véritable pionnière, pour terminer son parcours professionnel chez Hermès.
Du potager familial en Normandie, au potager de guerre, puis au jardin de sa maison d’Auteuil, elle tombe amoureuse du Luberon et de sa lumière exceptionnelle et décide de s’installer à Bonnieux en 1980 avec pour la première fois le temps de se consacrer au jardin. Elle y achète un tas de ruines dans un site appelé « La Louve » en souvenir de la dernière bête tuée dans la région, fascinée par les pierres et les terrasses sans s’intéresser à la maison.
En récupérant l’existant, elle commence à réhabiliter les murs en pierres sèches, fait de même avec les végétaux placés dans un « hôpital » avant d’être réutilisés, toutes des plante locales, santolines, romarins, lauriers-tins, cistes, liens avec la nature environnante. La création se fait sur le terrain, sans construction intellectuelle préalable, en choisissant comme point de départ un trait marquant du paysage existant, un groupe de cyprès sur la colline d’en face, en tire une ligne de force pour établir l’épine dorsale du jardin, puis place les différents éléments après plusieurs essais avec une rigueur et une précision extrême. C’est la force de ce jardin avec sa parfaite inscription dans le paysage du Luberon.
La maison, exposée au Sud-Est s’élève au centre du jardin sans le dominer, avec des limites floues, car elle se prolonge par les murets en pierre sèche des terrasses créant ainsi une interpénétration, alliance du minéral et du végétal sans jamais être un décor convenu. Vers l’Ouest, elle s’ouvre vers le grand paysage et sans limites marquées, le jardin de 17 ares parait ainsi plus grand qu’il ne l’est en réalité. Il est ainsi un hommage aux collines d’en face, la sculpture des arbustes taillés bas, suit leur contour, la palette des couleurs imite la leur.
De nombreux végétaux persistants aptes à la taille : buis, cyprès, ifs, lauriers, cistes, badasses, loniceras, filaires, orangers du Mexique, santolines, feijoas, pittosporums, myrtes, alignements de lavandes, thyms, romarins, tout en nuance de gris et de verts, mats ou vernissés, changeant au cours des saisons et des différentes lumières de la journée, taillés en boule mais non figés, sans symétrie, créant par leurs assemblages un dynamisme et une sensualité certaine. Des euphorbes, des molènes souvent spontanées, des cardons en fontaine, des iris aux formes dressées apportent leur graphisme. Le jardin ressemble à une tapisserie en trois dimensions. Grâce au jeu des terrasses et aux différentes perspectives, ces massifs s’admirent de face, en diagonale, d’en haut ou d’en bas et même parfois de l’intérieur.
La taille, suspendue l’été, représente la principale tâche d’entretien du jardin.
Pour découper le paysage, des Abies pinsapo, des amandiers, des Arbutus unedo (arbousier), des Celtis australis, (micocoulier), des Cercis siliquastrum (arbres de Judée), des Cupressus sempervirens (cyprès de Provence) parfois taillés en carrés, des Taxus baccata, des Eriobotrya japonica (néflier).
La présence de sphères de pierre et de bancs dessinés par la propriétaire offre de nombreux endroits pour la méditation, permettant de contempler les vignobles, dans le lointain. La vue au couchant est dégagée et rien ne vient perturber le magnifique spectacle. On aperçoit seulement la chapelle d’un ancien couvent mais le village, lui, reste invisible.
Nicole de Vésian s’y donna sans compter de 1986 à 1996. Sa santé déclinant, elle imagina une maison moderne et un jardin sur un terrain plat, inspiré de philosophie japonaise, baptisé « l’Aventure » mais décéda avant sa mise en œuvre.
Judith Pillbury, marchande d’art à New York et parisienne d’adoption, rachète la propriété en 1996. Elle en prend grand soin avec une équipe de jardiniers jusqu’en 2014 en respectant le dessin original.
En novembre 2014, Sylvie Verger-Lanel et son mari, avec l’expérience d’un jardin à Varengeville, relèvent la gageure, à la fois de continuer à en préserver l’esprit tout en s’appropriant ce jardin d’exception. La maison est totalement réaménagée, les deux parties sont reliées entre elles. L’acquisition d’une nouvelle parcelle de terrain a permis le prolongement de la terrasse qui conduit à la piscine par un passage de graminées. Une allée ombragée et fraîche remonte vers la terrasse de réception. Un passage conduit au jardin du bas, rejoignant les terres agricoles voisines. Là se trouve le jardin de lavandes maintes fois photographié avecson bel alignement de sphères bleues ou grises offrant le spectacle ludique d’une mer végétale. Plus haut, un cheminement pavé de galets se fraie un chemin vers le belvédère, invitation à contempler la chaîne du Luberon.
En 2022, la propriété change de mains, Olfa Boughanmi en est l’actuelle propriétaire.
Ce jardin reste une référence de jardin provençal contemporain inspirant encore de nombreux paysagistes.
Le jardin de Romegas à Aix-en-Provence

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Jardin historique, labellisé Jardin Remarquable, bastide inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques
Une longue histoire berce le jardin de cette bastide érigée sur les ruines d’une ancienne villa romaine. En 1564, Michel Rouilhe, maître tailleur, achète la première vigne au quartier de « Pierre Plantade », qui donne le nom à la propriété et autour de laquelle va se constituer le domaine. Ses achats se poursuivent pendant près de trente ans, tandis qu’il protège de murs ses récoltes et qu’il stocke le vin à sa maison de la rue Droite, à Aix-en-Provence. Il fait édifier un premier bâtiment en 1604 à vocation rurale cependant orné d’une génoise. Une aire de battage en pierre est construite que l’on peut voir aujourd’hui à l’entrée de la bastide.
À court d’argent, la famille vend la bastide qui passe momentanément dans les mains de parlementaires aixois qui la cèdent à leur tour en 1640 à deux artisans : Honoré Vigne, fabricant de tonneaux, et Noël Martin son gendre, maître cordonnier. Cette période prospère permet la construction d’une grande bâtisse à la façade épurée et d’une ferme attenante en 1640. Des amandiers, un rucher et un jardin potager viennent compléter les cultures.
En 1724, le domaine passe à la famille de Romégas qui lui donne son nom. Les jardins vivent un premier essor avec la culture des mûriers, la construction d’une magnanerie, d’une chapelle, d’une pousaraque (dispositif qui permet de monter l’eau du fond d’un puits pour la distribuer dans des canalisations) et d’un vivier.
Au potager sont cultivés l’ail, les courges, les melons, les oignons, les pastèques. Débute ensuite une période sombre culminant à la Révolution, le domaine étant saisi comme bien national.
En 1795, Jean-Alexis Mignet se porte acquéreur du domaine. Toutes les plantations sont à refaire et la reprise est spectaculaire. Le domaine passe de 2 à 16 ha. La tèse (vient du latin, considérée comme la chasse gardée des Dames qui venaient s’y promener) est alors créée. Elle est actuellement une étroite allée interminable se faufilant dans un bois de chênes et de lauriers-tin, emmenant le promeneur loin de la bastide dans une ombre mystérieuse où l’on peut voir sans être vu. Les grands pins d’Alep sont alors plantés. Ils ont pris aujourd’hui une taille impressionnante, donnant toute leur puissance au jardin. La plupart des structures définitives date de cette époque : un large bassin rond enchâssé dans un labyrinthe de buis dessiné en 1884.
À partir de 1870, sous la direction attentive de François-Auguste Mignet, historien et académicien rattaché à l’histoire des lieux, aura lieu la dernière campagne de restauration des bâtiments. Le parterre actuel est dessiné devant le nouvelle façade.
Commence alors une période d’abandon relatif avec les deux guerres. À partir de 1960, de nouvelles plantations, comme les cèdres, accompagnent une vigoureuse remise en état et la propriété devient résidence principale vers 1985. Marie-Ange Rater-Carbonel, l’actuelle propriétaire est la 7ème génération descendant de J.A Mignet. Une nouvelle allée verte bordée d’alcôves de cistes et d’oliviers est déployée à l’arrière des terrasses de buis pour prolonger le jardin et faire le lien entre passé et présent. Vient d’être découvert un sous-sol parsemé d’un réseau souterrain de mines d’eau alimentant les cultures et les jardins depuis la seconde moitié du XVIe siècle.
Avec une majestueuse Sainte Victoire en toile de fond, l’esprit des lieux d’origine est bel et bien demeuré.
Le domaine du Rayol, jardin des Méditerranées à Rayol-Canadel-sur-Mer
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Jardin contemporain, labellisé Jardin Remarquable
L’histoire du domaine commence en 1910 lorsqu’Alfred Théodore Courmes, un homme d’affaires parisien y construit sa résidence de retraite et aménage les premiers jardins, inspirés par ses voyages. Il y érige une ferme, deux villas (dont l’Hôtel de la Mer et la villa Rayolet), une pergola et un bastidon, dans un style Belle Époque. Le propriétaire suivant, Henri Potez enrichit le jardin de nouvelles plantations. Il rassemble alors en 1948 près de 400 espèces exotiques. C’est de cette époque que date “le grand degré”, la majestueuse descented’escaliers qui crée une belle perspective en-dessous de la pergola. En 1974, la vente du domaine signe la fin d’une époque. Promis à la spéculation immobilière et après quinze ans d’abandon,le domaine estacquis par le Conservatoire du littoral en 1989 et devient une espace naturel protégé.
Le Conservatoire du littoral confie à Gilles Clément, paysagiste, botaniste renommé, la mission de réinventer les jardins du domaine, en faire un espace dédié à la biodiversité méditerranéenne et à la pédagogie environnementale tout en conservant l’identité du site, notamment les bâtiments existants.
Gilles Clément a appliqué au Domaine du Rayol trois concepts majeurs qui ont révolutionné l’art des jardins :
« Le Jardin Planétaire » : L’idée que chaque jardin est une partie d’un tout, un écosystème global à préserver. Le Domaine du Rayol devient ainsi un « index planétaire » des régions méditerranéennes, un lieu de rencontre entre des paysages lointains mais biologiquement similaires.
« Le Jardin en Mouvement » : Une approche dynamique où la nature évolue librement, avec une intervention humaine minimale. Les plantes sont choisies pour leur capacité à s’adapter et à coexister, créant un équilibre naturel.
« Le Tiers-Paysage » : Valorisation des espaces délaissés ou en friche, où la biodiversité s’exprime librement. Au Rayol, cela se traduit par des zones où la végétation sauvage est encouragée, favorisant la résilience des écosystèmes.
Le Domaine du Rayol est une invitation au voyage. Observateur attentif et infatigable de la nature à travers le monde,Gilles Clément a choisi d’y combiner les paysages naturels et emblématiques des régions lointaines où règne un climat similaire à la côte varoise. Il crée les jardins en fonction de la dynamique du végétal, de la diversité biologique des plantes et de leur perpétuel mouvement dans l’espace et dans le temps. “La mise en scène des paysages n’est pas considérée comme une fin en soi mais comme un moyen de rendre intelligible la complexité du vivant.”
C’est une approche paysagère présentant les milieux naturels des régions représentées.
En tant que tels, ces jardins ne sont pas vraiment un jardin botanique mais plutôt une succession de jardins environnementaux dans lesquels les paysages de chaque région constituent une seule mosaïque.
Le domaine est organisé en douze jardins thématiques, représentant les principales régions du monde au climat méditerranéen. Chaque espace est conçu pour évoquer les paysages, la flore et les ambiances de ces territoires. Pour cela, Gilles Clément a voyagé au Chili, en Nouvelle Zélande notamment pour rapporter des plantes qui ont été intégrées dans une nouvelle trame paysagère.
Le jardin des Canaries situé près de l’hôtel de la Mer comprend trois espaces, le maquis côtier, paysage minéral et chaud où se plaisent les euphorbes, le bosquet thermophile où se développe le grand dragonnier, arbre mythique des Canaries et enfin le paysage d’altitude dominé par le pin des Canaries, très résistant à la sécheresse et au feu.
Le Jardin de Californie évoque les paysages de maquis californiens, le Chaparral, avec leurs collines couvertes de broussailles et leurs plantes adaptées aux feux de forêt.
Le Chaparral est peuplé d’arbustes, tels que des Heteromeles, des Leucophyllum, des Prunus illicifolia, des céanothes. On y retrouve également des arbres xérophylles (adaptés à la sécheresse) tels que le pin de Coulter ou le cyprès de Monterey, des lupins et des Escholzias…
Le jardin d’Afrique du Sud évoque les paysages méditerranéens du Fynbos de la péninsule du Cap, marqués par les protéas, les bruyères et les restio ainsi que les formations végétales du Karoo, caractérisées par le mimosa à grandes épines et de nombreuses plantes succulentes, comme les Aloès. On trouve également des plantes à bulbes et à rhizomes, iris, watsonias, lys et amaryllis.
Le jardin d’Australie, au nord du domaine surplombe le vallon. Cette parcelle évoque différents paysages : le Mallee, paysage de brousse dominé par les eucalyptus, les mimosas, et de nombreuses Myrtacées et Protéacées ainsi que le Kwongan, paysage de landes verdoyantes, dominé par les « Black boys » aux troncs noirs surmontés d’une houppette de feuilles bleu-vert, Xanthorrhoea glauca.
Le jardin d’Asie subtropicale est encaissé dans le vallon, il permet d’évoquer les paysages de ces contrées lointaines avec des plantes venant de Chine, de Corée, de Taïwan et du sud du Japon. Quelques-unes viennent de l’aire indo-malaise. La bambouseraie installée depuis plus d’un siècle est le cœur de ce paysage. La zone du puits forme un havre de fraîcheur avec les lianes, la glycine Wisteria sinensis et le figuier de Chine Ficus pumila qui grimpent dans la canopée des chênes verts.
Le jardin de Nouvelle-Zélande, installé au cœur du vallon qui mène à la maison de la plage évoque les forêts subtropicales humides et luxuriantes de l’Ile Nord de la Nouvelle-Zélande. On découvre les fougères arborescentes, les fougères ponga Cyathea au tronc fin, les fougères wheki Dicksonia au gros tronc, et plus loin, un beau bosquet de gros palmiers nikau Rhopalostylis sapida. Puis, une prairie de graminées rappelle les zones arides de l’Est de l’île.
Le jardin d’Amérique aride est un paysage constitué de plantes succulentes et de cactées, agaves, furcreas, yuccas, dasylirions, figuiers de barbaries, cactus cierges et cactus en boule, poussant dans des climats arides du sud-ouest des Etats-Unis (Arizona, Nouveau-Mexique, Texas, Nevada), et du nord-ouest du Mexique (Chihuahua, Durango, Sonora, Zacatecas).
Le jardin d’Amérique subtropicale
De la zone Argentine, viennent les abutilons, l’érythrine crête-de-coq à la floraison rouge sang surprenante, le Tipuana tipu, arbre à la floraison jaune magnifique en début d’été, l’arbre bouteille Chorysia aux fleurs roses parfumées, le palmier abricot Butia aux fruits comestibles et le palmier plumeux Syagrus.
Dans la zone Mexique, sont présentes des plantes de la forêt humide : le Lantana très parfumé, le Duranta à odeur de vanille, le séneçon géant Telanthophora avec ses énormes capitules jaunes, la mauve Malvaviscus, l’arali blanc Oreopanax, et le bambou du Mexique Otatea au feuillage fin et retombant.
Originaires du Mexique, les grandes nolines du domaine datent du début du XXe siècle. Elles ont été plantées par Alfred Courmes. Certaines se ressèment spontanément au jardin.
Le Jardin du Chili représente la diversité des climats et des paysages chiliens, du désert d’Atacama aux forêts humides du sud. On y rencontre la lande à Puyas associés aux Cactus Quisco pouvant atteindre 10 mètres de haut et des prairies d’alstroémères du Chili, le paysage de savane dominé par un mimosa, Acacia Cavenet la palmeraie des terres intérieures avec le palmier à miel, Jubaea chinensis.
Le Jardin méditerranéen reflète la diversité des paysages du pourtour méditerranéen et la biodiversité associée : maquis ou garrigue, forêt, prairies buissonnantes, zones arides.
On y rencontre le Pin parasol, le Caroubier, le Palmier de Crète, l’Arbousier de Chypre, le Laurier Noble, le Cyprès toujours-vert, le Zelkova de Sicile, l’Acanthe molle et la Grande Pervenche venant du bassin Est-Méditerranéen; l’Iris d’Alger, le Fragon à langues, la Scille du Pérou et la Scille maritime, l’Othonopsis à feuilles de giroflée, le Laurier-rose, le Palmier dattier, le Genêt à feuilles de lin venant d’Afrique du Nord et d’Espagne et en bord de mer : la Barbe de Jupiter, l’Euphorbe arborescente et le Lys de mer, et bien d’autres encore…
Le jardin marin. La mer est l’ultime paysage du domaine du Rayol. On peut découvrir différents biotopes : fonds sableux, herbier de posidonie, fonds rocheux et la pleine eau.
Le maquis occupe une grande partie des 20 ha du domaine. La végétation est constituée de plantes résistantes à la sécheresse et adaptées au passage périodique du feu : chêne vert, chêne liège favorisé par l’homme, pin d’Alep, pin maritime, arbousier, bruyère arborescente, calicotome épineux, pistachier lentisque, filaire à feuilles étroites, myrte, romarin, lavande des Maures, cistes à feuilles de sauge et de Montpellier et salsepareille sont les plus caractéristiques.
Le domaine du Rayol accueille également une belle collection de cistes, 35 espèces botaniques et de nombreux hybrides. Il abrite plus de 4 000 espèces végétales, dont certaines sont rares ou menacées. Il est aujourd’hui reconnu comme un modèle de jardin écologique et durable. Le jardin est un outil de compréhension des écosystèmes méditerranéens et de sensibilisation à leur fragilité. L’Association du Domaine du Rayol qui gère le site organise de nombreux évènements, expositions, formations, ateliers et a développé des outils de médiation pour tout public.
La librairie des jardiniers, riche de 3000 références et une pépinière de plantes issues des jardins complète l’offre du domaine.
La villa Fort France à Grasse
Jardin contemporain, labellisé Jardin Remarquable

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Le jardin est implanté à flanc de coteau à l’est de Grasse, sur une ancienne oliveraie et exploitation florale et offre de belles vues sur les collines environnantes.
La villa a été construite vers 1930 par l’écrivaine, lady Fortescue, épouse du bibliothécaire du roi George V, dont les origines britanniques portaient au jardinage et où elle y écrivit son best-seller « Perfume from Provence ». Elle y installa les premiers éléments du jardin et notamment une roseraie qui existe encore et plusieurs spécimens botaniques.
Le jardin fut ensuite repris par une pharmacienne passionnée de plantes qui ramena de ses voyages de nombreuses variétés.
L’écrin était là. Valérie et Pierre de Courcel les propriétaires actuels, depuis 30 ans n’ont cessé de l’embellir en réaménageant totalement ce jardin de 53 ares : diviser et replanter, notamment les grandes iris qui poussaient autour des restanques afin de les régénérer, enrichir les plantations pour pérenniser les floraisons, reconstituer l’ancienne roseraie devant la maison, tout en conservant la structure du jardin répartie sur plusieurs terrasses reliées par des escaliers.
L’entrée se situe en bas du jardin. Structuré par un escalier axial jalonné de buis, de rosiers iceberg et d’oliviers, il comporte une dizaine de terrasses que l’on parcourt en montant vers la maison. De grosses panières symbolisent la récolte des olives. On voit ainsi les arbres et les vivaces d’abord par en dessous ou latéralement avant de les dominer. En même temps on découvre au fur et à mesure de la visite le paysage grassois avec ses collines et ses cyprès jusqu’à la mer. Au fil des terrasses les oliviers tricentenaires sont taillés avec soin pour maintenir leur transparence et limiter leur volume. Les plantes, plus de 1000 variétés différentes, ne sont pas collectionnées, mais choisies pour l’éventail de formes, structures, couleurs, senteurs, permettant la création de différentes atmosphères propres à chaque terrasse. Valérie, artiste peintre, apporte au jardin toute sa sensibilité artistique par la recherche constante de l’harmonie des couleurs, des formes et l’intégration des plantes dans leur environnement. Chaque plante est taillée une, deux ou trois fois par an de l’hiver au printemps afin d’obtenir des volumes équilibrés, en laissant à chacune son espace vital. Les feuillages neutres des phlomis ou argentés des armoises s’y intercalent, apportant de subtiles nuances.
Puis partant de la demeure, l’allée principale forme la colonne vertébrale du jardin plantée de part et d’autre de deux larges plates-bandes. Des lavandes et des arbustes persistants, pittosporums, buis, taillés en coussins entourent la terrasse. Dans le prolongement de la maison la roseraie décline un mélange de roses aux teintes pastel : Rosa floribunda ‘Lavender Lassie’ très parfumé, Rosa ‘Sally Holmes’….
La grande variété botanique permet d’avoir un jardin fleuri tout au long des saisons.
En hiver les mimosas aux floraisons étagées illuminent le jardin. Au printemps les céanothes et les iris offrent leurs floraisons bleues, les rosiers banksiaes blancs et jaunes très précoces montent à l’assaut des cyprès, les mandevilla forment de véritables cascades de fleurs jusqu’à l’automne, les glycines bleues et blanches grimpent le long des murs, au côté des clématites, des holboellia… Sous les oliviers les nombreux rosiers buissons illuminent tous les recoins du jardin et de nombreuses fleurs champêtres prennent le relai, puis les agapanthes, les sauges, les crinums, les coronilles. Les bignones apportent leur vivacité en été lorsque la plupart des plantes sont au repos. S’y ajoutent des curiosités végétales telles les platanes greffés l’un avec l’autre pour former une tonnelle, le metasequoia glyptostroboides, un des rares conifères caducs au feuillage de fougères, la distictis buccinatoris à la végétation exubérante qui cerne la villa avec ses fleurs tubulaires rouges, les juniperus et les myrtes taillés en nuage.
A Fort France le mot biodiversité prend tout son sens. L’absence de traitement chimique a permis d’établir un équilibre faune-flore respectueux de la nature qui héberge beaucoup d’oiseaux, de batraciens, de lézards.
Le domaine de la Mouisonne à Grasse

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Oliveraie, jardin contemporain
Perchée à 400 mètres d’altitude, la propriété offre d’abord un panorama exceptionnel. Les couronnes argentées des oliviers cultivés dans le pays de Grasse depuis des siècles apprivoisent la pente des coteaux. Antérieure à la production des essences destinées à la parfumerie, celle de l’olive issue du Cailletier fut de tout temps une activité fondamentale et une importante source de revenus pour la région. Véritable carte postale, le paysage est un condensé de Côte d’Azur dominant au loin la mer Méditerranée d’Antibes à Théoule.
Situé sous la protection de Saint Christophe, dans le contrebas du Bois de La Marbrière à l’Est de Grasse, le domaine de 3 hectares planté d’oliviers était jadis rattaché à la Villa Saint-Georges, propriété du célèbre parfumeur grassois Léon Chiris.
Séduite par ce passé glorieux et la beauté du site, lady Margaret Lockett choisit, il y a 20 ans, de s’installer dans cette région baignée de soleil et acquiert la propriété en 1998. Passionnée de botanique, inspirée de ses nombreux voyages, elle suit en 2002 une formation d’horticulture au Chelsea Physic Garden à Londres afin de renforcer ses connaissances. Dès lors, passant de l’observation à la pratique, chaque jour est consacré à la rénovation des lieux.
Compte tenu de la forte pente, il a fallu créer des escaliers et des restanques, ces murets de pierre sèches qui soutiennent les terrasses. Le minéral et le végétal se font constamment écho dans ce jardin, dans les couleurs comme dans les formes, les aéoniums se prêtant parfaitement à l’exercice en s’immisçant dans les interstices de pierres tandis que les rosiers grimpants mêlés aux R. mutabilis animent les pierres.
Le cadre ambiant de l’oliveraie se répartit sur douze niveaux de restanques. La longévité exceptionnelle de l’olivier lui confère une esthétique unique. Au sein de ce cadre, s’offre au visiteur un véritable parcours de découvertes avec une succession d’ambiances paysagères
au grès des niveaux altimétriques, avec souvent une échappée visuelle sur le paysage extérieur. Les troncs tourmentés expriment la force nécessaire qu’il faut pour s’affranchir des
contraintes liées à l’aridité et à la pauvreté des sols. Les bâtiments bordés de pelouses et de massifs profitent d’espaces plats plus ouverts, tandis que la garrigue et les boisements naturels, à la périphérie, se partagent le flanc de colline escarpé.
Les 15 dernières années seront dédiées à la création de nouvelles restanques, à l’intégration au cœur de l’oliveraie de nouveaux jardins thématiques.
La propriétaire a planté plus de 20 000 bulbes à floraison estivale ou automnale : Ornithogalum, Urginea maritima, Amaryllis belladonna, Nerine, Arisaema concinnum, Arum italicum, Sternbergia qui apportent leurs notes colorées. Les phlomis se mêlent aux échium et Geranium madarense. Parfaitement adaptés au sol alcalin, giroflées, valérianes, lavandes et romarins s’insinuent entre les roches, offrant un jeu de feuillages persistants verts et argentés. De larges parterres ponctués de collections débordantes de plantes exotiques voisinent avec des espaces plus intimes.
Un jardin de prairie inspiré par le paysagiste hollandais Piet Oudolf a récemment vu le jour : au milieu des stipes, euphorbes des garrigues, sauges, molènes bouillon-blanc et romarins, un chêne vert arrivé spontanément est taillé en boule.
Une terrasse italienne dotée d’un bassin-fontaine en cascades offre fraîcheur et sérénité. Les vues sur l’arrière-pays comme sur le littoral cannois sont savamment orchestrées. Dressés comme des sentinelles, des Cupressus sempervirens montent la garde devant la bastide provençale. Une ambiance zen avec les bambous Phyllostachys vivax ‘Aureocaulis’ et P. nigra ‘Boryana’ lorgnant sur une sculpture japonaise. En surplomb de la pelouse de la maison, buis, agaves et cycas semblent monter la garde aux cotés des oliviers. Les citronniers, emblèmes de cette région sont naturellement présents.
Deux potagers, le premier tapi dans l’ombre et le second en plein soleil, pourvoient à la consommation de fruits et légumes du domaine.
Des mises en scènes plus sophistiquées ennoblissent le jardin au détour des chemins avec des bassins, des sculptures et des terrasses ornées de jarres en terre cuite. Il flotte dans ce jardin anglais comme un parfum d’Italie. Le jardin est en constante évolution. Chaque nouveau jardin thématique est conçu dans le respect des contraintes inhérentes au terroir, au climat et à la gestion de l’oliveraie dont la production a déjà été récompensée de nombreuses médailles.
La villa Noailles à Grasse
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Jardin classé Monument Historique
Ce jardin entoure une bastide franciscaine datant du XVIIIe siècle, dont le Vicomte Charles de Noailles fait l’acquisition dès 1923 sur les conseils de son ami Ferdinand Bac, peintre, caricaturiste, décorateur et critique d’art qui avait découvert les lieux en 1908. Il était un mécène, collectionneur d’art, mais aussi un amoureux de botanique, un grand amateur de jardin. Membre de la RHS (Royal Horticultural Society) dont il a été vice-président, il fréquentait de nombreux Anglais fous de jardins, installés eux aussi sur la Côte-d’Azur, et avec lesquels il échangeait beaucoup. Il passait ici l’automne, l’hiver et le printemps, comme bon nombre d’Anglais.
A l’époque, le vicomte et son épouse, Marie-Laure, sont propriétaires de la Villa Noailles à Hyères. La Villa, imaginée par l’architecte Mallet-Stevens est entourée de jardins méditerranéens et abrite, depuis 1925, le célèbre “jardin cubiste”. Mais l’eau n’est pas abondante à Hyères et le vicomte se met à la recherche d’un terrain où l’eau ne manquerait pas. Il achète alors ce terrain de 3 ha planté d’oliviers avec sa bastide provençale typique, son nymphée, et surtout une source abondante provenant du massif de Roquevignon dont il disait qu’elle était la chose la plus importante dans son jardin. En 1947, il commande à l’architecte-décorateur Emilio Terry de réaménager la façade sud de la villa entreprend la création du jardin dont l’aménagement l’occupa jusqu’à sa mort en 1981.
La source et le dénivelé important lui permettent l’agencement d’une vingtaine de bassins, fontaines, escaliers et rigoles qui décorent en nombre le jardin en canalisant l’eau avant de s’en retourner au torrent. Le bruit de l’eau accompagne partout le visiteur d’un murmure apaisant.
Sans rompre la continuité avec le paysage environnant ni avec la plantation d’oliviers restée intacte, d’autres restanques sont aménagées, ponctuées de plantations d’essences régionales mêlant les influences anglaises et italiennes harmonieusement mêlées, au sein desquelles sont installées des topiaires de buis, des mixed border, un champ de pivoines arbustives enveloppé d’ifs taillés, des camelias dont de rares espèces (une variété automnale, le Camellia Sasanqua, porte d’ailleurs le nom de Noailles), et une pergola d’arbres de Judée dont un sur 5 fleurit blanc plantés sur les conseils de son ami Russel Page, le tout ponctuant le jardin d’ambiances différentes et surprenantes. Le métaséquoia règne en maître dans la prairie humide et fraiche plantée de cerisiers du Japon et de magnolias caducs, véritable ciel de fleurs rose et blanc au printemps.
Restauré depuis le début des années 1990, le jardin a été classé Monument Historique en décembre 1996.
Pendant 12 ans Sandrine Mognot qui en connait chaque recoin et toute l’histoire, a marché dans ses pas grâce à un inventaire botanique de 1978 et aux photos prises dès 1947. Elle a replanté des vivaces, des arbustes, fait beaucoup de boutures de végétaux existants et introduit de nouvelles espèces mêlant un côté raffiné et un côté sauvage en accord avec sa sensibilité, tout en ayant à cœur de conserver l’esprit des lieux. L’eau aujourd’hui se fait rare et les canalisations, anciennes, nécessitent un gros travail de remise en état.
Le jardin appartient actuellement à un propriétaire privé, relativement secret, l’Office du Tourisme de Grasse gérant les réservations.
Ce jardin surprenant, aux ambiances changeantes mais toujours empreintes d’une sérénité, n’est pas sans rappeler le Vicomte, peu bavard et plus enclin à s’exprimer par son art du jardin que dans les soirées mondaines. Il reste un jardin de référence.
Charles disait de lui : « Il y a des jardins qu’on dit parfumés. Je dirais que celui-ci chante. »
La villa Ephrussi de Rotschild à St Jean-Cap-Ferrat

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Jardin historique, labellisé Jardin remarquable
Un site exceptionnel, une œuvre titanesque, le projet fou de Béatrice de Rotschild, épouse malheureuse de Maurice Ephrussi et fille du baron Alphonse de Rothschild, régent de la Banque de France et grand collectionneur d’art.
En 1905, après son divorce et le décès de son père dont elle hérite de l’immense fortune, elle choisit le Cap Ferrat pour y construire une villa de rêve. Elle a le coup de foudre pour ce lieu d’une grande beauté, cet éperon rocheux qui offre des vues exceptionnelles sur la baie de Beaulieu et la Méditerranée.
Les travaux de la Villa débutent en 1907. Inspirée par ses nombreux voyages et son amour pour l’Italie, Béatrice souhaite créer une villa à l’image des palais italiens de la Renaissance, entourée de jardins somptueux. Elle confie la conception de la villa à l’architecte Aaron Messiah puis à Jacques-Marcel Auburtin.
L’aménagement des jardins démarre rapidement et nécessite 7 ans de travaux. Le site choisi est en effet peu propice à la création d’un jardin. Créer un parc sur un promontoire escarpé et rocheux couvert d’arbres et balayé par les vents était un tour de force. Mais la baronne fait dynamiter le sol et apporter des milliers de mètres cubes de terre pour créer des terrasses et des espaces plats. Elle fait construire un système d’irrigation pour alimenter les jardins en eau. Des serres et des brise-vent sont installés pour acclimater les espèces exotiques.
Béatrice supervise tout : le choix des plantes, l’agencement des espaces, les détails architecturaux. Elle veut un jardin à la française, une roseraie, un jardin japonais, un jardin espagnol… Elle mélange les styles, les époques, les influences, créant un ensemble à la fois cohérent et surprenant. Béatrice souhaitait un jardin qui reflète ses voyages, ses goûts éclectiques et son amour pour l’art. Elle imagina un ensemble de jardins thématiques, inspirés des cultures qui l’avaient marquée : la France, l’Italie, l’Espagne, le Japon, le Mexique… Chaque espace devait raconter une histoire, évoquer une ambiance, et offrir une expérience sensorielle unique.
Le Jardin à la Française est dessiné par Achille Duchêne, il est le premier à être achevé. Dès l’entrée, le jardin à la française accueille le visiteur avec une solennité presque théâtrale. Ici, tout est ordre, symétrie et harmonie. Parterres géométriques, buis taillés, fontaines et statues en font un hommage à l’art classique français.
Ce jardin principal, Béatrice l’a conçu en forme de pont de bateau, orné de cascades et de bassins, avec le temple de l’Amour en proue. Elle pouvait ainsi s’imaginer, voyant la mer de chaque côté, être à bord d’un bateau. Ce jardin se compose d’un parterre haut devant la villa, de pelouses ornées de pots à feu et de grands vases de la Renaissance italienne, d’un grand parterre avec son canal et ses bassins. De beaux arbres complètent l’ensemble : oliviers centenaires, cyprès, pins d’Alep avec une touche exotique, palmiers, cycas et le banyan centenaire.
Passionnée de roses, Béatrice aménage une roseraie à la pointe de la propriété autour d’un petit temple hexagonal dont le centre est occupé par la statue représentant une allégorie de la source.
En 1934, Béatrice décède sans avoir vu l’achèvement de son œuvre.
C’est Louis Marchand, paysagiste, botaniste qui est chargé d’imaginer et de concevoir les jardins thématiques. Il joue un rôle important sur ce site. Outre la création des jardins, il aura la lourde tâche de restaurer les jardins après les années d’abandon au moment de la seconde guerre mondiale, redonnant à chaque espace son éclat d’origine.
Il imagine et réalise les jardins espagnol, florentin, mexicain et exotique, s’inspirant des voyages de Béatrice et de ses propres connaissances botaniques.
Le jardin espagnol.
Évoquant les jardins secrets des palais andalous, c’est un lieu de fraîcheur et de méditation, traversé par un étroit canal entouré de plantes odorantes, chèvrefeuilles, brugmansias se mirant dans l’eau, jasmins étoilés…Un rosier de Lady Banks centenaire offre un spectacle surprenant, les bougainvillées envahissent les murs, des bancs pour se reposer…
Le jardin florentin est composé d’une allée bordée de cyprès centenaires, il est agrémenté d’un escalier en fer à cheval, abritant en son centre une statue néoclassique de Jean-Baptiste Boyet, représentant « Zéphyr contrariant les amours d’une rose et d’un papillon ». A noter, plusieurs spécimens remarquables : Acacia farnesiana et karoo, Nolina longifolia, et Oreopanax nymphaeifolius et une vue imprenable sur la baie de Beaulieu.
Le jardin lapidaire met en scène, à l’ombre d’un camphrier et d’Oreopanax epremesnilianus, des bas-reliefs et des gargouilles provenant d’édifices civils ou religieux de provenances et d’époques diverses qui composent un ensemble étrange dans une ambiance de sous-bois propice aux camélias, azalées, rhododendrons, fuchsias et hortensias.
Le jardin japonais a été créé dans les années 1920 puis repris en 2003, il présente différents types de jardins japonais, le jardin sec, d’eau et de montagne recréés autour des cèdres et filaos plantés à l’époque de Beatrice.
Le jardin exotique.
Anciennement appelé jardin mexicain, le jardin exotique a subi les grandes gelées de 1985. Il a fallu plusieurs années pour le restituer. On y rencontre des plantes succulentes et cactées gigantesques. Remarquablecollection de broméliacées et crassulacées, le tout ponctué de quelques plantes à codex et épiphytes.
Le jardin provençal.
Les multiples sentiers du jardin dit provençal sont bordés d’oliviers, lentisques et pins courbés par le vent. Les espèces endémiques sont nombreuses : romarin, ciste santoline, vipérine, hélichryse, sans oublier les lavandes.
En 1933, un an avant sa mort, Béatrice lègue sa villa, le jardin de 7 ha et la totalité de ses collections (5000 œuvres d’art) à l’Académie des Beaux-Arts.
En 1991, l’Académie des Beaux-Arts confie la gestion du site à Culturespaces qui réaménage les jardins, revenant au plan originel conçu par Louis Marchand et restaure l’intérieur de la villa.
L’Académie des Beaux-Arts reprend la gestion du site et la gestion directe de la villa en 2023.
Le jardin botanique Val Rameh à Menton

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Jardin botanique à l’anglaise, labellisé Jardin Remarquable
Niché sur les hauteurs de Menton, le jardin est un lieu unique où se mêlent science, patrimoine et poésie. En 150 ans d’histoire, ce domaine a connu quatre grandes époques, chacune marquée par un propriétaire visionnaire qui, à sa manière, a laissé une empreinte indélébile sur ce bout de terre.
Tout commence lorsqu’Henriette de Monléon, veuve d’un homme politique mentonnais, reprend le domaine. À l’origine, le site est un « mas » entouré de citronniers, de vignes, de figuiers, d’un potager et d’une oliveraie centenaire. C’est l’âge d’or du citron qui fait la richesse du pays. En 1875, à 72 ans, elle fait construire la « villa Henriette » au cœur de la propriété et la grille en fer forgé qui existe toujours. A son décès en 1903, le domaine revient à sa petite nièce qui le garde jusqu’en 1921.
Une seconde période s’ouvre avec l’achat du domaine par Rahmeh Théodora Swinburne et Sir Percy Radcliffe, général de l’Armée britannique. Comme de nombreux Anglais à cette époque, le couple tombe sous le charme du pays, agrandit le domaine et le transforme le domaine agricole en un jardin d’agrément. Il plante des variétés essentiellement méditerranéennes et l’allée de palmiers des Canaries, phoenix canariensis, qui accueille les visiteurs encore aujourd’hui. En 1925, les propriétaires font construire une villa de style italo-provençal en intégrant l’ancienne villa. La villa est agrandie en 1927. Le domaine prend alors le nom de Val Rameh, en hommage à l’épouse disparue prématurément en 1924.
Après le décès de Sir Radcliffe, plusieurs propriétaires se succèdent jusqu’en 1957, date à laquelle le Val Rameh est acheté par Miss May Sherwood Campbell, une Anglaise fortunée, chanteuse et botaniste.
Commence alors une troisième période importante pour le domaine. Surnommée « la Dame aux daturas » pour son amour des Brugmansia, Miss Campbell enrichit considérablement le jardin en y introduisant des espèces rares venues d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie. Elle acquiert une nouvelle parcelle en contrebas de la maison afin de préserver la vue sur la mer. Au passage elle rebaptise le domaine. Val Rahmeh devient « Cassa Rossa ». Sous son impulsion, le Val Rahmeh se transforme en un véritable jardin d’acclimatation, où se côtoient des plantes subtropicales et tropicales, qui bénéficient du climat favorable de Menton, doux et ensoleillé avec une humidité régulière liée à sa situation entre mer et montagne.
La vie au Val Rahmeh ne se limite pas aux longues journées de jardinage. Miss Campbell adore recevoir. Artistes, scientifiques, écrivains se pressent aux soirées organisées dans son havre de verdure. Mais maintenir un tel domaine coûte cher. Elle se retrouve vite à court d’argent. Elle est contrainte de céder son domaine mais elle sait que vendre aux investisseurs signerait la fin du jardin. Alors, fidèle à son engagement, elle prend une décision radicale : en 1966, elle cède Val Rahmeh à l’État français qui en confie la gestion au Museum d’Histoire naturelle. Le domaine connait alors un tournant décisif.
Le muséum poursuit l’œuvre de Miss Campbell et des prédécesseurs : les bâtiments sont restaurés, la collection botanique enrichie. Le jardin reprend son nom « Val Rameh » et ouvre au public en 1967.
Le jardin s’entend sur 1,5 ha et abrite aujourd’hui environ 1800 espèces, représentant 160 familles et 700 genres, plantes tropicales, subtropicales et méditerranéennes. Les plantes sont mises en scène sur les terrasses et autour de la villa pour créer des cheminements, ménager de surprises et des points de vue sur la baie et les montagnes.
Le Val Rameh se distingue par la diversité et la rareté de ses collections organisées en zones thématiques et biogéographiques (représentant des zones géographiques climatiquement et écologiquement homogènes du point de vue des formations végétales et des températures). Ces zones ont été distribuées en fonction de l’exposition ou du drainage du sol.
La zone méditerranéenne
On y retrouve les plantes typiques du bassin méditerranéen qui dominent : oliviers, citronniers, figuiers, lavande, cistes, euphorbes… Certains spécimens, notamment les oliviers sont centenaires et rappellent l’origine agricole du domaine.
La zone subtropicale
Cette partie du jardin accueille des plantes venues d’Afrique, d’Amérique centrale, d’Asie et d’Océanie. On y trouve des palmiers, des strelitzias, des hibiscus, des bougainvilliers, des daturas, ainsi que des arbres à fleurs spectaculaires comme les frangipaniers (Plumeria spp.).
La zone tropicale
Protégée par des serres ou des espaces ombragés, cette zone abrite des plantes qui nécessitent une chaleur et une humidité constantes : bananiers, philodendrons, fougères arborescentes, orchidées… Certaines espèces, comme les ananas (Ananas comosus), y sont cultivées en pleine terre grâce au microclimat mentonnais.
C’est ainsi qu’il a été permis d’y introduire et acclimater quelques spécimens spectaculaires, ficus géants, bambous (dendrocalamus asper), heliconia, schiedeana, litchi chinensis…
Les plantes rares
Le muséum joue un rôle crucial dans la préservation des espèces en voie de disparition. Parmi ses collections, certaines plantes sont rares, voire éteintes à l’état naturel. C’est le cas du Sophora toromiro, un arbre originaire de l’île de Pâques, disparu de son habitat mais conservé ici. Dans le jardin, on compte 80 « espèces menacées », 38 « vulnérables », 30 « en danger », 11 « en danger critique ».
Dès 1966, des travaux ont été réalisés pour accueillir de nouvelles espèces. La construction d’un bassin de 3 000 m2 dans la partie inférieure du jardin a permis de présenter de multiples plantes aquatiques : Lotus sacré, Papyrus, Nénuphars, notamment l’impressionnant Victoria amazonica, un nénuphar aux feuilles géantes. Plus tard, l’édification de serres a accompagné l’augmentation des collections de plantes tropicales.
On trouve aussi une vaste collection de plantes magiques et médicinales, une bambouseraie, des plantes à épices, des agrumes…
En tant que jardin botanique, le Val Rahmeh a pour objectifs la formation des professionnels du secteur, la documentation des espèces et la diffusion des connaissances. Aussi, chaque plante est identifiée, répertoriée et décrite afin d’alimenter la recherche. Le jardin participe à des programmes internationaux d’échange de semences et de conservation des espèces végétales en danger, en collaboration avec d’autres jardins botaniques et institutions scientifiques à travers le monde. Chaque année, une cinquantaine de nouvelles espèces sont introduites, enrichissant encore la collection.
L’une des missions essentielles du Muséum demeure la sensibilisation à la biodiversité. À travers des visites guidées, des ateliers pédagogiques et des événements, l’équipe du jardin partage son savoir sur les plantes menacées, les espèces en danger et les défis environnementaux actuels. Des expositions, conférences et animations sont organisées régulièrement dans la villa.
Le jardin des Colombières à Menton

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Jardin historique, classé Monument Historique
Dominant la baie de Menton, le domaine des Colombières est l’une des plus belles réalisations de Ferdinand Bac, paysagiste de la Belle-Époque. C’est une œuvre d’art totale où la villa et le jardin ne font qu’un.
Ferdinand Bac (1859–1952), petit-fils illégitime de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, est né en Allemagne. Il s’installe en France et devient un artiste polyvalent, caricaturiste, écrivain, décorateur, et sur le tard, concepteur de jardins. Il fréquente les cercles artistiques parisiens et la haute société de la Côte d’Azur, où il laisse son empreinte dans plusieurs propriétés, dont la villa Croisset à Grasse et la villa Florentina au Cap Ferrat.
En 1920, ses amis Emile et Caroline Landan-Bockairy achètent le domaine des Colombières sur la colline de Garavan à Menton pour en faire leur résidence d’hiver. Une première villa avait été construite par Alfred Fouillée en 1903. Ils donnent à Ferdinand Bac carte blanche pour aménager la villa et les jardins. Bac y travaille de 1920 à 1924, y vivant lui-même de 1924 à 1939. Le domaine devient un lieu de réception brillant, fréquenté par l’élite culturelle de la Côte d’Azur.
Pendant la seconde guerre mondiale, la villa est occupée par l’armée italienne, Caroline revient aux Colombières pour y vivre jusqu’à son décès en 1957. Au décès de son fils, dernier héritier de la famille Ladan-Bockairy, la demeure est en mauvais état et le domaine a perdu la moitié de sa surface d’origine.
Dans les années 1990, il est racheté par un couple d’Anglais, Michael et Margaret Likierman qui entreprennent une restauration minutieuse, avec l’aide des paysagistes Éric Ossart et Arnaud Maurières et le soutien du ministère de la Culture et du Conseil départemental des Alpes Maritimes. La villa et les jardins retrouvent leur éclat d’origine.
La villa
Le cœur de la villa est constitué par la maison construite en 1903 par Alfred Fouillée, un bâtiment rectangulaire sur trois niveaux avec un avant-corps central sur la façade sud-ouest. Ferdinand Bac y ajoute de chaque côté une aile en prolongement, en retrait par rapport à la façade sud-ouest. Il modifie complètement les ouvertures et réaménage la décoration des intérieurs. Une extension comprenant une grande terrasse et la piscine est ajoutée au sud-est dans les années 1990.
La villa est un mélange d’inspirations italiennes, provençales et Art déco. Ses murs, badigeonnés de safran et d’ocre, s’harmonisent avec les tons du jardin. Les fenêtres, les balcons et les terrasses sont orientés pour profiter des vues sur la mer et les montagnes. Comme dans le jardin, le paysage est cadré. Des vues exceptionnelles sont ménagées dans les différentes pièces la maison. Dans la salle à manger, une loggia vitrée offre une vue imprenable sur le port et la vieille ville. Les murs sont décorés de fresques représentant l’Acropole et d’autres motifs antiques. Toutes les pièces sont ornées de peintures murales, de vitraux et de carreaux en ciment peint, réalisés par Bac lui-même. Ses thèmes favoris sont la mythologie grecque, la nature et ses souvenirs de voyages.
Le cœur de la villa est un patio inspiré des atriums romains, avec un bassin central et des fresques murales évoquant L’Odyssée, passage vers le jardin qui devient la respiration de la maison avec une fusion parfaite entre les pièces peintes en bleu et les chambres de verdure du parc.
Les jardins
Les jardins sont un prolongement de la maison.
Bac se distingue par son approche poétique et érudite du jardin. Il rompt avec le pastiche et l’exotisme alors en vogue sur la Riviera, pour créer des espaces où l’histoire, la mythologie et la nature méditerranéenne s’entremêlent. Il n’aime pas les compositions florales des Anglais installés à Menton. Dans ses jardins, il bannit le gazon, les palmiers et autres essences exotiques acclimatées dans la région, il préfère les cyprès, les pins d’Alep et les oliviers.
Son style se caractérise par des perspectives théâtrales, il joue avec les vues cadrées, les « fenêtres de verdure », et les panoramas spectaculaires ; la présence de fabriques, pavillons, colonnades, ponts, escaliers, et jardins secrets ponctuent le parcours ; un dialogue avec le paysage, la mer, la ville de Menton et les montagnes sont intégrés au jardin, créant une harmonie entre l’art et la nature.
Chargé de symboles, le parc de trois hectares appelle à un voyage initiatique : villa et jardin sont un hommage à la Méditerranée antique, une évocation de la mythologie gréco-latine, et une démonstration de génie créatif.
Les éléments choisis par Ferdinand Bac pour la décoration de la villa et des jardins multiplient les références à l’Antiquité méditerranéenne : inscriptions latines sur les murs extérieurs et intérieurs de la villa, façades couvertes d’un enduit rouge pompéien, peintures, statues et bas-reliefs d’inspiration antique, colonnade du patio, obélisque, etc. Le « Chemin d’Orphée », par exemple, est une allée bordée de cyprès et de lauriers, inspirée du mythe d’Orphée et Eurydice. Chaque espace du jardin raconte une histoire.
Le parcours est ponctué d’éléments architecturaux et de fabriques : Le Mausolée, construit en 1932, domine le jardin et abrite les tombes symboliques de Bac et de ses amis. C’est un lieu de méditation, offrant une vue imprenable sur la baie ; les pavillons et colonnades, inspirés de l’architecture antique, servent de points de repos ou de belvédères ; les escaliers et les allées, en opus incertum ou en pierre guident le visiteur à travers le jardin, créant un rythme et une progression dans la découverte.
Le jardin des Colombières est organisé en une série de terrasses. Chaque niveau offre une nouvelle perspective sur le paysage environnant et une nouvelle scène végétale.
Bac a conçu le jardin comme une succession de tableaux vivants. Il utilise des cadres végétaux (ifs, buis, lauriers) pour « capturer » des vues sur la mer, la ville de Menton ou les montagnes, et les mettre en valeur comme des œuvres d’art. Ces « fenêtres de verdure » créent un jeu de cache-cache avec le paysage, invitant le visiteur à découvrir progressivement les beautés du site.
Bac a choisi des plantes adaptées au climat : oliviers et cyprès, symboles de la Méditerranée, ils structurent l’espace et apportent une touche de verticalité. Les pins parasols et caroubiers avec leur feuillage persistant et leur port élégant rappellent les paysages du Sud. Thym, romarin, lavande, sauge… embaument les allées. Et les bougainvilliers, glycines, clématites, et roses anciennes apportent des touches de couleur tout au long de l’année.
Le parc abrite de beaux arbres, une oliveraie de deux cents oliviers plusieurs fois centenaires, des arbres rares comme un caroubier millénaire, probablement le plus vieux de France, des chênes verts, etc
Mickael et Margaret Lieckerman sont toujours propriétaires. Le domaine est ouvert quelques jours par an sur inscription.
Les jardins d’Albertas à Bouc Bel Air

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Jardin historique classé Monument Historique – labellisé Jardin Remarquable
Situé en dessous du village de Bouc Bel Air perché sur un rocher, il est coupé par la DN 8 à l’Ouest matérialisée par un alignement d’immenses platanes et plus partiellement par l’A51 du même côté. Depuis leur création vers 1640, les Jardins d’Albertas ont conservé intacte leur composition initiale. Sans doute l’un des plus beaux parcs de Provence, il est un témoin de l’art des jardins du 17e siècle et est aujourd’hui une propriété privée.
Les premières réalisations remontent aux années 1630. Henri de Séguiran, qui appartient à l’élite provençale de grande culture, premier Président de la Cour des Comptes et Finances de Provence, nommé par le cardinal de Richelieu lieutenant général des Mers du Levant, seigneur de Bouc et propriétaire du Castel qui surmonte encore le village et achète 18 parcelles au creux du vallon qui y monte. Il canalise dans un vivier 4 ou 5 sources capables d’arroser ses premières plantations, potagers et vergers puis d’alimenter ce qu’il imagine peut-être déjà comme un grand jardin agrémenté de bassins et de fontaines. Il construit une bâtisse en bois qui mène au château féodal. Clos de murs surmontés de verre pour repousser les intrusions, un jardin typiquement provençal au départ, comportant de nombreux bassins, réserves d’eau pour l’arrosage, dans un temps où l’agriculture est la première source de richesse et où l’aristocratie provençale se passionne pour les techniques agricoles.
C’est probablement vers 1640 qu’il lance la réalisation des jardins tels que nous les connaissons encore. Un mélange d’influences italiennes dans l’esprit des réalisations de la Renaissance, du regard et des végétaux propres à la Provence et du goût et des techniques de son temps qui font émerger un jardin unique en Provence. Ce jardin est d’abord une importante infrastructure qui « ne se voit pas » : mouvements de terre, galeries d’amenée des eaux, conduites et drains pour préserver la qualité des terres, citernes souterraines pour stocker l’eau et permettre l’alimentation des jets d’eau et fontaines.
Dès cette première époque apparaissent le grand canal et ses treize mascarons de pierre qui distribuent l’eau, figure de la rivière domestiquée, formidable réserve d’eau pour l’arrosage ainsi que la grotte à l’italienne couverte de concrétions calcaires et de coquillages dont les sept statues des planètes ont depuis disparu. Mais aussi les parterres, l’exceptionnel bassin aux huit tritons et 17 jets comme les quatre statues monumentales représentant Hercule, David et sa fronde, le dieu Mars et le gladiateur Borghèse.
Raynaud, fils d’Henri de Séguiran, décédé à 20 ans a le temps d’ajouter des statuaires, des fontaines, des bassins et des jets d’eau et créé l’axe central qui descend du jardin.
Réalisé en 1680, l’inventaire de sa succession décrit très exactement l’essentiel des jardins qui existent encore : une extraordinaire permanence sur trois siècles et demi.
C’est ensuite une composition classique autour d’un grand axe de perspective que les Albertas, Henri-Reynaud puis son fils Jean-Baptiste au XVIIIe siècle, prolongeront le jardin vers le Sud vers la route royale nouvellement déviée à cet endroit, le grand portail baroque puis le jardin du bas autour de l’actuel pavillon de chasse situé de l’autre côté de la route nationale. Sa demeure prévue au sommet du jardin « dit d’en haut »ne fut jamais réalisée car le 14 juillet 1790, Jean-Baptiste d’Albertas est assassiné à Gémenos où il a également créé un jardin autour du château féodal familial, lors d’un banquet. C’est donc autour d’un bâtiment fantôme que le jardin descend par une succession de 4 terrasses jusqu’au jardin « d’en bas » avec statues, bassins, jets d’eau, buis et ifs taillés, dans un souci constant de perspective et d’harmonie pour admirer l’ensemble depuis plusieurs points de vue. Son fils Jean-Baptiste Suzane, grand amateur d’arbres, agrandit et embellit le domaine, plante des allées de marronniers et de platanes. C’est durant ce XVIIIe siècle que la famille d’Albertas ajoutera à son château de Gémenos sa prestigieuse résidence de l’Hôtel d’Albertas à Aix en Provence, un des plus beaux hôtels particuliers mis en valeur par la création de la place d’Albertas.
En 1949, Jean d’Albertas, grand père des actuels propriétaires, entame, après un siècle d’abandon, une campagne de restauration qui sauvera l’architecture des jardins. Ce sera l’œuvre de sa vie. Disposant de plans anciens auxquels le jardin est resté très fidèle, l’entreprise respecte les plans d’origine.
Le 25 mars 1960, le jardin est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. En 1990, Olivier, Bruno, Daniel Latil d’Albertas et leurs épouses Guylaine, Danièle et Nathalie poursuivent cet effort pour en assurer la restauration et la transmission comme leur ouverture au grand public. Ils en sont les propriétaires actuels.
Les ressources pour l’entretien d’un jardin complexe sont limitées, la priorité est donc donnée aux infrastructures en simplifiant dans un premier temps les plantations. En 1993 le jardin a été classé Monument Historique. Ont alors été repris une bonne partie des réseaux hydrauliques souterrains, les murs de soutènement effondrés ou fragilisés, le grand canal datant du XVIIe siècle fortement dégradé. Le grand bassin octogonal de la terrasse des parterres avec son jet d’eau central, qui avait disparu, a été recréé en marbre de Saint-Pons (Languedoc). A été entièrement restauré le Grand portail Louis XV et ses « sauts de loup », qui a retrouvé ses élégants « pots à feu » (moulages de vases en ronde bosse surmontés d’une flamme) du XVIIIe siècle qui avaient disparu. Les quatre statues monumentales, la nappe d’eau de l’entrée, la terrasse des parterres et ses alignements de buis, le dégagement de la terrasse supérieure et la régénération des grands ifs, les haies de chênes verts soulignant les murs des terrasses ont été retravaillés.
L’allée d’accès a été replantée selon les alignements d’origine.
En 2019, le jardin d’Albertas a été sélectionné par la Mission Bern pour être bénéficiaire du Loto du Patrimoine. Une nouvelle opportunité pour lancer entre fin 2020 et avril 2022, en trois tranches, une nouvelle campagne de travaux ambitieuse qui reprendra les abords de la grotte de fraîcheur, recréera les deux bassins quadrilobés de la terrasse des parterres et l’espace à l’abandon derrière la Grotte.
Seul le jardin d’en haut se visite. L’eau est ici centrale, présente partout dans ce jardin extraordinaire sans château.
La terrasse supérieure où est captée l’eau de 4 sources et qui permet des vues d’ensemble du jardin.
La terrasse des parterres dessinée par des haies de buis avec en arrière-plan des ifs taillés, agrémentée de quatre statues monumentales citées plus haut et d’un bassin octogonal. Un escalier droit orné de deux sphinges. Les broderies ont disparu et laissé place au gazon.
La terrasse dite « du boulingrin » avec ses salles de fraicheur de part et d’autre de l’exceptionnel bassin aux 17 jets où huit tritons crachent de l’eau.
La terrasse de l’accueil avec sa nappe d’eau en forme de lyre, son grand canal et son alignement de platanes.
Cette restauration, absolument remarquable, a le soutien du ministère de la Culture, du Département des Bouches-du-Rhône, de la Métropole Aix-Marseille Provence et de mécénats privés.


