2010 Lacs italiens

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Les iles Borromées (Lac Majeur) :

  • Isola Bella

Le nom de cette île vient de l’épouse de Charles III Borromée, alors gouverneur de la région du lac Majeur qui se nommait Isabella d’Adda. En 1632, le comte employa l’architecte Giovanni Crivelli pour l’élaboration des plans du monumental palais baroque et des majestueux jardins qui rendirent l’île célèbre et qui témoignent, aujourd’hui encore, des splendeurs de cette époque. La construction ne fut achevée que bien après son décès, en 1671. Son fils, Vitaliano VI est considéré comme le véritable fondateur des jardins car il fit réaliser les plans de Crivelli. Il fit appel également aux architectes Francesco Castelli et Carlo Fontana ainsi qu’à l’ingénieur Mora Toregio, de Rome, pour la réalisation des fontaines et jeux d’eau. La construction dura 30 ans. On importa de nombreux éléments décoratifs. Des statues tenant des sceptres et des obélisques furent installés dans tous les angles de toutes les terrasses supérieures.

C’est un exemple typique de « jardin à l’italienne » du XVIIe siècle. C’est l’un des plus célèbres et des mieux conservés d’Italie. Les plans sont de style baroque, avec des formes géométriques, des topiaires, des parterres brodés à la française. L’originalité du jardin tient cependant dans le dessin de l’allée centrale qui, au lieu d’avoir un tracé rectiligne, tourne au milieu de l’île pour suivre la forme de celle-ci.

 

  • Isola Madre

    Isola Madre, est située dans la partie la plus large du golfe Borromée. Elle était initialement dénommée Isola di San Vittore à cause de la présence d’une chapelle consacrée à ce saint. C’est probablement la première des îles à avoir été habitée.

    C’est aussi la plus grande et la plus caractéristique pour son atmosphère intime, silencieuse et envoûtante : des bâtiments somptueux entourés d’un jardin de plantes rares et de fleurs exotiques dans lequel vivent librement plusieurs variétés de paons, de perroquets et de faisans. Au cours des dernières décennies du XVIe siècle, l’île connut une grande période de construction

Grandola : Villa Bagatti-Valsecchi

Ce jardin, remarquable exemple de symbiose entre un jardin et un paysage, dont la végétation est surtout alpine, est une création contemporaine autour d’un bâtiment ancien ancré au milieu d’un village de montagne à 450 m d’altitude. Ce jardin spectaculaire est dû au baron Pasino Bagatti-Valsecchi, président de la société horticole de Lombardie, qui le réalisa au début du XXe siècle.  Son œuvre fut poursuivie par son fils, Pier -Fausto, architecte, et sa belle-fille. Ils ont aussi créé un nouveau jardin moderne sur la gauche de la villa.

Tremezzo : Villa Carlotta (Lac de Côme)

Installée dans un creux de terrain naturel, entre le lac et les montagnes, la villa Carlotta dispose d’un extraordinaire panorama. Elle embrasse la baie de Tremezzo et la rive occidentale du Lac de Côme. Elle a été construite, en 1690, par le marquis et banquier milanais Giorgio II Clerici (1648-1736), pour lui servir de résidence d’été. Elle atteignit l’apogée de sa splendeur avec Gian Battista Sommariva, politicien et homme d’affaire célèbre, qui l’acheta en 1801. Gian Battista Sommariva transforma le jardin en parc romantique et enrichit la demeure d’œuvres d’art qui font de la villa, aujourd’hui encore, un des temples de l’art du XIXe siècle. Ses héritiers vendirent la propriété, en 1843, à la Princesse Marianne de Nassau, épouse du prince Albert de Russie, et cette dernière l’offrit en cadeau, en 1848, à sa fille Carlotta, à l’occasion de son mariage avec le duc George de Sachsen-Meiningen. Elle s’appelle depuis lors « villa Carlotta ».

De la maison, 3 terrasses à l’italienne descendent par des escaliers en marbre jusqu’à l’entrée, au niveau du lac. Le parc réunit une collection de plus de 500 plantes et est célèbre pour la floraison printanière des rhododendrons (plus de 150 variétés) et des azalées. Les jardins sont labellisés par l’association des « grandi giardini italiani ».

 

Lenno : Villa Balbianello (Lac de Côme)

La villa Balbianello a été construite sur un domaine de 13 hectares, en 1787, sur les ruines d’un couvent du XIIIème siècle, connu sous le nom de « Isola Comacina », par le richissime cardinal de Milan Ange-Marie Durini. La propriété passa, en 1796, aux familles Porro-Lambertenghi et Arconati-Visconti. Ces derniers enrichirent et valorisèrent le jardin et la « loggia ». A la fin de la Première Guerre Mondiale, après une période difficile de manque d’entretien, la villa fut achetée par le général américain Butler Ames qui la fit entièrement restaurer. À la fin des années 1970, ses héritiers la vendirent au comte Guido Monzino, un explorateur, qui y présenta ses luxueuses collections d’art.  Enfin, la villa fut léguée en 1988, après la disparition du comte Monzino, au F.A.I (Fondo per l’Ambiente Italiano) : fonds italien pour la protection de l’environnement.

Le jardin est de style « à l’italienne » en terrasses ornées de balustrades à flanc de roche. C’est un jardin «vert» avec des pelouses, des haies, des platanes taillés en chandeliers, des cyprès, des glycines (âgées maintenant de plus de 200 ans), des ficus et des chênes. Sa structure suit fidèlement le relief du terrain : en certains endroits il est abrupt à cause des roches qui forment diverses zones de dénivellation.

Bellagio (Lac de Côme) :

  • Villa Serbelloni

La villa Serbelloni est installée sur une presqu’île rocheuse qui sépare le lac en deux bras. Elle est entourée d’un parc de 20 Ha. La demeure fut construite, au Quatrocento, par la famille Stanga puis reconstruite, au XVIe siècle, par la famille Sfondrasti qui possédait le promontoire. En 1788, elle fut vendue à une famille milanaise, les Serbelloni, qui ne toucha pas le bâti mais modifia le parc. En 1959, la propriété fut donnée à la fondation Rockfeller par la princesse della Torre e Tasso. Elle fut alors transformée en centre international de conférence et d’études.

Les jardins sont situés sur l’emplacement de l’ancien village fortifié de Bellagio qui commandait la pointe de ce promontoire. La partie basse des jardins est dessinée en parc informel sur le promontoire et comporte 18 km de sentiers et allées. Le parc est traversé par un long chemin qui conduit à la maison, tandis que la partie supérieure est composée d’un belvédère qui domine le lac. La partie formelle, près de la maison, dessinée au XVIIIe siècle, est composée de terrasses à l’italienne avec des bosquets et parterres de fleurs. Un petit jardin comportant une fontaine est dédié à Pline le Jeune.

 

  • Villa Melzi

Située sur un promontoire de la rive du lac, au sud de Bellagio, la villa a été construite au début du 19ème siècle par Francesco Melzi d’Eril, vice-président de la République italienne, puis grand chancelier du royaume d’Italie, ami de Napoléon Bonaparte, qui lui décerna le titre de duc de Lodi. Le projet fut confié à l’architecte Giocondo Albertolli et les travaux furent exécutés de 1808 à 1813.

La villa Melzi, de style néoclassique, est entourée d’un parc référencé comme la première réalisation d’un jardin à l’anglaise sur les rives du lac. Ce parc a été dessiné, entre 1811 et 1815, par l’architecte Luigi Canonica et l’agronome Luigi Villoresi. D’importants travaux de terrassement, d’étagements, de création de petites buttes et de nivellement du terrain ont été entrepris pour donner de l’ampleur et créer des perspectives sur le paysage.

Sur la rive du lac se dresse un kiosque de forme octogonale, selon la mode des jardins anglais. L’ornement est complété par une série de sculptures disséminées dans tout le parc, comme la statue égyptienne en basalte de Sekhnetz, déesse de la guerre, ou encore, un petit édifice de style mauresque appelé « Kaffehaus » (maison du café)

 

Bisuschio : Villa Cicogna (Lac de Lugano)

Cette villa, propriété de la famille Cicogna- Mozzoni, entourée de son parc séculaire, se situe à Bisuschio, dans le paysage montagneux du Lac de Lugano, dans la Province de Varese.
La destination première de cette demeure, construite vers 1440, par la famille Mozzoni, était un pavillon de chasse, dans une zone très giboyeuse. En 1580, le mariage de Gian Pietro Cicogna, seigneur et Comte de Terdobbiate, Tornaco et Peltrengo, avec la dernière descendante des Mozzoni, Angela, est à l’origine du nom actuel de la famille : Cicogna -Mozzoni.

L’utilisation du site de la colline est remarquable, car on accède à tous les niveaux de la maison, de plein pied à l’extérieur par les terrasses. C’est cette intimité entre maison et jardin, à la façon des demeures de la Rome antique, que la Renaissance a redécouverte. Le jardin entre dans la maison à l’aide des fresques évoquant la végétation et la demeure s’ouvre sur les différentes parties du jardin.

C’est le jardin d’Italie du nord qui a conservé le mieux les caractéristiques des jardins de la Renaissance italienne. Le style et la composition, avec son escalier d’eau, rappellent les villas toscanes et les jardins du Latium. Il a été conçu vers 1560 par Ascanio Mozzoni, homme de vaste culture, qui visita les sites des villas et jardins de Florence et Rome. Les parterres, au centre desquels se trouvent des fontaines avec des jets d’eau, sont ornés de fleurs et cernés de buis à dessins géométriques. Au niveau du premier étage une terrasse comporte un mur de soutènement donnant sur le parterre. Il est creusé de niches décorées de statues. Deux viviers rectangulaires, cernés de balustrades, sont installés au pied du mur. La terrasse comporte aussi une série de grottes habitées par des statues. De l’allée qui conduit au parc on découvre la magnifique perspective d’un escalier d’eau de 156 marches, bordé par une rangée de cyprès, orné d’un kiosque à son sommet.

Le jardin et la villa font partie des grandes demeures labellisées par le FAI ( fondo per l’ambiente italiano).